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ECONOMIE DE LA SCULPTURE EN CÔTE D’IVOIRE

Tradition et transmission sénoufo : À Korhogo, la sculpture sur bois se transmet de père en fils dès le plus jeune âge pour façonner des pièces emblématiques comme le tarau ou des masques d’initiation qui racontent l’histoire du peuple.
Les maîtres et l’art classique : Des travaux de recherche et des monographies documentent le génie de grands sculpteurs traditionnels de masques et de statues (chez les Gouro, Lobi ou Baoulé), autrefois méconnus en Occident mais célébrés pour la maîtrise de leurs styles.
Économie et marché de l’art : L’analyse des valeurs d’échange de la sculpture classique montre un marché complexe où les acteurs s’accordent sur des critères objectivables pour déterminer la valeur économique des œuvres en l’absence de normes figées.
Création contemporaine et monumentale : L’art statuaire évolue également vers le domaine public et mémoriel, à l’instar des monuments historiques d’Abidjan ou de la création de statues monumentales (comme celle dédiée à Ernesto Djédjé) qui valorisent le patrimoine culturel local.

La sculpture africaine précoloniale ou l’art ancien
La sculpture classique africaine est connue sous les appellations de, « art
africain », « art nègre », « art primitif » ou « art animiste ». Ces différentes qualifications,
pour déterminer la manifestation d’une essence nègre dans les productions artistiques
est une invention de l’ethnologie coloniale (Bidima, 1997, p. 6). En créant des liens entre
les productions artistiques et les races ou les ethnies, l’ethnologie coloniale a engendré
une différenciation dans l’unité supposée des arts africains. Elle a créé « l’art nègre »,
« l’art de l’Afrique blanche », « l’art d’Ifé ». Aujourd’hui, le morcèlement de l’Afrique et
la création d’une Côte d’Ivoire comme État-Nation, nous amène à parler d’un art de la
Côte d’ Ivoire. Sinon, un empire africain médiéval ne possède pas de frontières et n’a
pas de nom. Il n’y a donc pas un art du Ghana, et pas plus un art du Mali, du Songhay
ou de Monomotapa. Il y a des arts qui correspondent aux traditions très variées des
ethnies qui composaient ces empires (« Les royaumes africains médiévaux »).
Ainsi, parler d’une sculpture précoloniale de la Côte d’Ivoire, avant que les frontières
géographiques ne soient tracées en 19081, revient à déterminer, dans l’ensemble des
arts nègres, toutes les productions sculpturales qui ont été réalisées dans la superficie
de 322 462 km2 qui est considérée aujourd’hui comme le territoire ivoirien. Si
archéologues et historiens doivent se livrer à un tel exercice, il convient de préciser que
l’objectif ici est de définir ce que nous appelons sculpture africaine précoloniale, en
général, dans l’ensemble des productions sculpturales de l’Afrique noire.
En effet, le segment de l’art africain qualifié de précolonial, est l’art qui s’est développé
depuis l’Égypte antique en passant par les empires africains médiévaux jusqu’à
l’avènement de la colonisation de l’Afrique au XIXe siècle

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